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  • Goldman Sachs - Les nouveaux maitres du monde ?

    Banque d'investissement Goldman Sachs

     

     

     

    Goldman Sachs - Les nouveaux maitres du monde ?

     

    ( http://mega-streaming.info/video/M815AGMHO5NW/ )

     

     

     

     

    ARTE - Goldman Sachs - La banque qui dirige le monde - 1/2

     

    ( http://www.dailymotion.com/video/xtbf86 )

     

     

    ARTE - Goldman Sachs - La banque qui dirige le monde - 2/2

     

    ( http://www.dailymotion.com/video/xtbf86 )

     

     

     

    Opération Nettoyage : 3 coups d’Etat en Europe en 3 semaines

     

     

    La crise financière orchestrée par Goldman Sachs et la Réserve Fédérale américaine semble porter ses fruits comme l’avait convenu le groupe Bilderberg en 1977. Renverser des gouvernements devient un jeu d’enfant : il suffit de dynamiter les banques de l’intérieur avec la complicité des agences de notation et de virer les chefs de gouvernements des pays goinfrés au crédit afin de faire croire au peuple que les problèmes seront résolus avec de nouvelles têtes (dettes). Pendant que la populace hurle au scandale contre les banques et l’irresponsabilité de leur chef de gouvernement, leurs élus les remplacent par des « marchands de dettes » : des banquiers... Les pions se mettent en place, pourtant, Mitterrand nous avait prévenu

    Lors de la réunion du groupe Bilderberg à Torquay en 1977, le journal Libération publia une analyse de Roger Mennevée affirmant que ce groupe envisageait d’instaurer un gouvernement mondial dirigé par les États-Unis, qui comporterait l’abandon des souverainetés nationales, l’instauration d’une planification technique de l’économie, et l’établissement d’une monnaie internationale. L’ex-agent d’un service de renseignement espagnol, Luis M. González-Mata, en 1979, dans son livre « Les vrais maîtres du monde« , est l’un des premiers à dévoiler l’existence et le fonctionnement du Groupe Bilderberg.

     

     

     

    Coup d’Etat N°1 : La Réserve Fédérale américaine s’empare de la Grèce

     

    Ancien conseiller économique à la Federal Reserve de Boston de 1980 à 1984, Lukas Papademos semble parfaitement armé de son expérience dans l’imprimerie pour envoyer la Grèce par le fond plus vite que prévu. Gold-up lui communique tous ses vœux de succès dans la mise en esclavage du peuple grecen optant pour une inondation de papier (n’oubliez pas votre gilet pare-balles Mr Papademos)…La feuille de route qui sera dévoilé aujourd’hui sera claire : trouver un maximum d’ Euro-photocopieuses avec sa tête de premier de la classe.

     

     

     

    Coup d’Etat N°2 : Goldman Sachs pirate la photocopieuse de la BCE

     

    Mario Dragui, vice-président de Goldman Sachs en Europe et complice dans le maquillage des comptes publics grecs, devient le banquier le plus puissant d’Europe à la place de Jean-Claude Tricherie. Le groupe Bilderberg n’aurait pas pu trouver meilleur poste au sommet de la la pyramide de Ponzi européenne qui connait par cœur où se trouve la touche Ctrl+Print de la photocopieuse.

     

     

    Coup d’Etat N°3 : Goldman Sachs vole le trône italien

     

    Membre du comité de direction du groupe Bilderberg, Mario Monti accède en 2005 au niveau de « International Advisor » de Goldman Sachs, et devra désormais se charger de maquiller les comptes de l’Italie afin qu’elle n’implose pas trop vite avec l’aide de son collaborateur de la BCE. Les italiens vont amèrement regretter les galipettes de Berlusconi quand nos 2 zigottos commenceront à les envoyer sur les galères romaines à grands coups de rabots fiscaux et sociaux.

    Voici la suite logique d’après Gold-up de tout ce cirque : Coup d’État bancaire N°3 en préparation en Espagne et coup d’État militaire N°4 en préparation au Portugal.

     

     

     

    source : Gold-up

     

     

     

    26/09/2011 - Alessio Rastani - "C'est Goldman Sachs qui dirige le monde et non les politiques" - Interview BBC

     

    "Il va y avoir un krach et la chute sera violente - Absolument personne ne croit aux plans de sauvetage, ils savent que le marché est cuit et que la bourse est finie - Les traders se foutent de comment on va redresser l'économie, notre boulot est de faire de l'argent avec cette situation - Je me couche tous les soirs en rêvant d'une nouvelle récession - En 1929 quelques personnes étaient préparées à faire de l'argent avec le krach et tout le monde peut faire cela aujourd'hui,  et pas seulement les élites - Cette crise économique est comme un cancer - Préparez vous ! Ce n'est pas le moment d’espérer que les gouvernements règlent les problèmes. Les gouvernements ne dirigent pas le monde, c'est Goldman Sachs qui dirige le monde. Cette banque se fiche des plans de sauvetage - Dans moins de 12 mois je prédis que les économies de millions de gens vont disparaitre, et ce ne sera que le début..."

     

     

     

     

    15/11/2011 - Goldman Sachs, le trait d'union entre Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos


    Qu'ont en commun Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos ? Le nouveau président de la Banque centrale européenne, le président désigné du conseil italien et le nouveau premier ministre grec appartiennent à des degrés divers au "gouvernement Sachs" européen. La banque d'affaires américaine a en effet tissé en Europe un réseau d'influence unique sédimenté depuis des lustres grâce à un maillage serré, souterrain comme public.

    A tout concours, il faut une hiérarchie. Le premier prix revient bien sûr à Mario Draghi, vice-président de Goldman Sachs pour l'Europe entre 2002 et 2005. Nommé associé, il est chargé des "entreprises et pays souverains". A ce titre, l'une des missions est de vendre le produit financier "swap" permettant de dissimuler une partie de la dette souveraine, qui a permis de maquiller les comptes grecs. Vient ensuite Mario Monti, conseiller international depuis 2005. Arrive en troisième position Lucas Papadémos, qui vient d'être nommé premier ministre de la Grèce, qui fut gouverneur de la Banque centrale hellénique entre 1994 et 2002, qui a participé à ce titre à l'opération de trucage des comptes perpétré par GS. Le gestionnaire de la dette grecque est d'ailleurs un certain Petros Christodoulos, un ex-trader de la firme.

    Deux autres poids lourds tiennent le haut du pavé dans la défenestration de l'euro, Otmar Issing, ex-président de la Bundesbank et Jim O'Neill, l'inventeur du concept des BRICS, l'acronyme désignant les marchés émergents à fort potentiel de croissance (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l'un des administrateurs, l'Irlandais Peter Sutherland a joué un rôle-clé dans le sauvetage de l'Irlande. Enfin, Paul Deighton, qui a passé 22 ans chez Goldman Sachs, est directeur général du comité organisateur des Jeux olympiques de Londres en 2012. La lanterne rouge car chacun sait que le sport comme l'amitié est hors concours.

    Pourtant, au-delà des apparences, le réseau d'influence qui a fait sa puissance avant ou pendant la tourmente politique financière de 2008 a perdu de son efficacité. En effet, les complicités anciennes entretenues par les ex-banquiers centraux chevronnés mobilisés pour tirer les ficelles se révèlent moins utiles face à des politiciens sensibles à l'impopularité des professionnels de la finance tenus pour responsables de la crise. Là où Goldman Sachs pouvait facilement exercer ses talents, une série d'affaires – la Grèce, la spéculation contre l'euro, le scandale Abacus auquel a été mêlé le goldmanien français Fabrice Tourre – lui ont mis à dos la puissance publique.

    Le carnet d'adresses est utile mais ne suffit plus à lui tout seul sur une planète financière complexe et technique et face à une nouvelle génération d'industriels moins pétris de respect pour l'establishment. Les patrons européens partis à la conquête du monde se sont émancipés des croisés de la haute finance style Goldman Sachs. La quête de valorisation de l'actionnaire, les exigences de transparence des comptes et les impératifs de l'expansion à l'étranger émoussent l'"effet réseau". Enfin, devenus plus exigeants sur la qualité et l'indépendance du métier de conseil, les clients européens, mais pas seulement, exigent le respect d'un minimum d'éthique.

    Et c'est là que le bât blesse à propos de Goldman Sachs. Car la banque aime placer ses hommes sans jamais laisser tomber le masque. C'est pourquoi ses hommes liges cachent cette filiation quand ils donnent une interview ou mènent une mission officielle (comme ce fut le cas de Monti qui s'est vu confier en 2010 une étude sur le marché unique européen par le président de la Commission, José Manuel Barroso).

    Mario Draghi affirme qu'étant entré en fonction en 2002, il n'a rien eu à voir avec le maquillage des comptes grecs orchestré deux ans plus tôt par la banque. Et il a démissionné en 2005, soit un an avant que Goldman Sachs ne revendre une partie du "swap" en question à la National Bank of Greece, la première banque commerciale du pays, dirigée par un ancien Goldmanien, Petros Christodoulos, aujourd'hui responsable de l'organisme gérant la dette grecque.

    Marc Roche - Le Monde



     

     

    27/09/2011 - Alessio Rastani - "C'est Goldman Sachs qui dirige le monde et non les politiques"

     

    Un homme présenté comme trader à Londres a provoqué mardi un buzz sur internet en affirmant qu'il "rêvait" toutes les nuits d'une récession, des propos qui ont suscité l'indignation mais aussi des interrogations sur l'identité du jeune individu.

    L'interview d'Alessio Rastani, lundi à la télévision BBC, a été visionnée par plus de 360.000 personnes sur internet, mais ses propos correspondent tellement aux stéréotypes des traders que des rumeurs circulaient sur la possibilité qu'il s'agisse d'une supercherie.

    "J'ai une confession à faire: je vais au lit tous les soirs, et je rêve d'une autre récession (...). Personnellement, j'ai rêvé de ce moment depuis trois ans", a déclaré Alessio Rastani sans ambages.

    Interrogé sur la réponse des dirigeants à la crise de l'euro, le jeune homme de 34 ans a déclaré que les traders "se foutent" de l'euro. "La plupart des traders se fichent de savoir comment (...) la situation va être résolue. Notre boulot, c'est de faire de l'argent", a-t-il affirmé.

    "Les gouvernements ne dirigent pas le monde. Goldman Sachs (banque d'affaires américaine) dirige le monde. Goldman Sachs s'en fiche de ce plan de sauvetage, tout comme les importants fonds spéculatifs", a-t-il assuré.

    Les commentaires de M. Rastani, présenté comme un trader indépendant par BBC, ont provoqué de nombreuses réactions.

    "Cela me semble immoral et amoral", a réagi la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado. "Le trader qui a soulevé le couvercle sur ce que la City pense vraiment", a titré The Independent.

    Certains médias ont avancé que M. Rastani pourrait être un membre de Yes Men, un groupe basé aux Etats-Unis qui avait reconnu sa responsabilité dans une info bidon reprise par la BBC en 2004, selon laquelle la société Dow Chemical allait indemniser les victimes du désastre de Bhopal en Inde en 1984.

    Mais Yes Men a démenti être cette fois impliqué, et dans une interview mardi au magazine financier Forbes, M. Rastani a insisté sur le fait qu'il était un trader travaillant à son compte.

    La BBC a aussi assuré avoir mené une "enquête détaillée" sur le jeune homme et n'avoir pas rien trouvé laissant penser qu'il n'était pas trader.

    Goldman Sachs, citée par M. Rastani, s'est refusée à tout commentaire.

    AFP

    Co

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  • عامر العريض: النهضة لم توافق على حل رابطات حماية الثورة

     

     

     

    أكد رئيس الدائرة السياسية لحركة النهضة عامر العريض اليوم الخميس 16 ماي في تصريح لاكسبراس اف ام ان حزبه لم يوافق على حل رابطات حماية الثورة وانما وافق فقط على فتح تحقيق في الروابط التي ثبت تورطها في مخالفة القانون.

    وبالنسبة لموقفه من الحوار الوطني أكد عامر العريض ان الحوار سينتهي ضرورة الى توافقات سيتم رفعها للمجلس التأسيسي للتقرير في شأنها.

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  • Ben Ali affirme que jamais aucun ordre n'a été donné pour tirer sur les manifestants

     
    Ben Ali affirme que jamais aucun ordre n'a été donné pour tirer sur les manifestants

     

    Voici donc, comme nous vous l’avions promis, l’interview exclusive que l’ancien président Ben Ali a bien voulu accorder à Tunisie-Secret. Sur les quatre questions qui restaient, il a bien voulu répondre à deux. Comme nous n’avons pris aucun engagement avec lui pour ne pas révéler les deux questions auxquelles il s’est abstenu de répondre, nous les avons mentionnées à la fin de cette interview. Compte tenu des conditions dans lesquelles celle-ci a été réalisée, elle n’est pas comme nous l’aurions souhaité : spontanée, interactive et plus longue. Nous aurions bien voulu rebondir par rapport à certaines réponses. Lorsqu’il dit, par exemple, « on m’a persuadé », nous aurions bien voulu savoir c'est qui « on » ? Le général Ali Sériati, le colonel Sik Salem, Ridha Grira, le général Rachid Ammar ou encore l’affairiste véreux Kamel Eltaïef ? Nous aurions bien voulu savoir aussi quels sont le « pays arabe frère et le pays occidental ami » qui ont trahi la Tunisie ? Nous aurions bien voulu savoir c’est quoi les deux autres tentatives d’assassinats, puisque l’affaire du missile Stinger est parfaitement avérée et avouée même par certains témoins islamistes. Néanmoins, nous sommes satisfaits de cette interview qui est d’abord un document historique et le premier témoignage de l’ancien président Ben Ali, deux ans après le coup d’Etat dont il a été victime le 14 janvier 2011.

     

    Ben Ali affirme que jamais aucun ordre n'a été donné pour tirer sur les manifestants
    Tunisie-Secret-  Monsieur le président, dans quelles circonstances et pour quelles raisons avez-vous quitté la Tunisie le 14 janvier 2011 ?

    Ben Ali- On m’a persuadé que la vie de ma famille était en danger et qu’on ne pouvait plus assurer même pas ma propre sécurité. J’ai agi comme tout père de famille en pareille circonstance. Malgré tout ce qu’on m’a dit sur le danger de rester, mon intention n’était pas du tout de quitter la Tunisie. Mon devoir était de rester et de faire face aux différents complots qui se jouaient. Cela m’a beaucoup rappelé les événements de janvier 1984. J’ai fini par embarquer dans l’avion sans mes médicaments et sans mes lunettes, en pensant revenir immédiatement après. Je signale que je n’ai jamais eu l’intention de me rendre en France, à l’inverse de ce qui a été dit. J’ai hésité entre deux pays frères, le royaume d’Arabie Saoudite et l’Algérie. J’ai finalement été guidé vers la terre du Prophète que la paix soit sur lui. Une heure après notre arrivée, j’ai dit au revoir à ma famille que j’ai laissé partir sous bonne escorte et je suis resté dans l’aéroport. C’était tard dans la nuit et j’ai attendu que l’avion fasse le plein en kérosène et que les cinq personnes de l’équipage se reposent un peu pour embarquer et repartir vers Tunis. Sans me prévenir, alors que j’attendais au salon d’honneur, l’avion a décollé sans moi à peine deux heures après notre arrivée.
      

     

    Ben Ali affirme que jamais aucun ordre n'a été donné pour tirer sur les manifestants
    T.S.- Dans votre discours à la nation, vous avez affirmé n’avoir jamais donné d’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants ? Pourquoi donc y a-t-il eu tant de morts ?

    Ben Ali- Aucun ordre, qu’il soit écrit ou oral n’a été donné au ministère de l’Intérieur et au ministère de la Défense Nationale d’utiliser des armes à balles réelles. Même l’usage des bombes lacrymogènes a été strictement conditionné. Dès le 1er janvier 2011, nous savions que des voitures de locations et des taxis parcouraient le nord et le sud du pays en donnant aux jeunes de l’argent, de la drogue sous forme de comprimés et de quoi fabriquer des cocktails Molotov.  Mais, dès le 8 janvier, à la suite des rapports que j’ai eus sur les attaques de certains postes de police et de la Garde Nationale par des éléments terroristes, où il a eu des morts et des blessés, consigne a été donnée à l’ensemble des forces de l’ordre de faire usage de leurs armes en cas de légitime défense. De là où je me trouve en ce moment, je le jure devant Dieu et devant le peuple tunisien que je n’ai jamais donné le moindre ordre de tirer sur les manifestants. Je reste persuadé que mes ministres de l’Intérieurs et de la Défense  sont innocents de ce dont on les accuse. Même si je n’ai personnellement donné aucun ordre, j’assume mes responsabilités en tant que chef de l’Etat. Je suis prêt à répondre devant un tribunal indépendant de toutes les accusations qu’on m’a adressé. C’est à ce moment là que mes compatriotes sauront toute la vérité. Ils sauront qui a tué les manifestants et sous les ordres de qui. J’avais mal pour tous ces jeunes qui sont morts inutilement et j’en souffre encore comme s’il s’agissait de mes propres enfants.

    T.S. Lorsque votre résidence de Sid Dhrif a été perquisitionnée, on y a trouvé beaucoup d’argent en dinars et en devises. Y avait-il autant d’argent et en étiez-vous le possesseur à titre personnel ?

    Ben Ali- Malgré sa cruauté, cette histoire m’a fait moins de mal que les jeunes qui sont morts pour rien et qui étaient comme mes propres enfants. Cette histoire était une violation de domicile totalement illégale. On n’a pas seulement trouvé la Banque centrale qui a déménagé chez moi, on a aussi trouvé des armes, de la drogue et je ne sais pas quoi encore. Ce coffre ne servait pas à amasser de l’argent et des bijoux. Il était plein effectivement, mais d’autres choses. J’avais tous les dossiers classés secret défense et beaucoup d’autres dossiers personnels aussi, des lettres privées, de vieux documents de ma famille qui remontent au 19eme siècle, des photos, des actes de propriété de mon arrière grand père, un souvenir de ma mère qui m’était particulièrement cher… Tout ça à été enlevé et remplacé par des billets d’argent venus de je ne sais où. L’argent qu’il y avait représentait 10% de ce qu’on a montré au peuple tunisien. C’était la caisse noire du président de la République, comme tous les chefs d’Etat et même ministres dans certains pays de l’Occident. Mais bon, je comprends pourquoi ils ont fait tout ça.

    T.S.-  Certains prétendent que vous aviez l’intention de vous adresser au peuple tunisien dans la soirée du 14 janvier 2011 pour lui faire de révélations d’une extrême gravité, et que vous comptiez même le faire dans votre tenue de général de l’armée. Si cela est vrai, que comptiez-vous dire aux Tunisiens ?

    Ben Ali- Oui, c’est tout à fait vrai. Mon discours a été rédigé le 14 janvier, le matin. Je voulais le prononcer à 8h du soir. Les six pages sont restées sur mon bureau à Carthage, lorsque j’ai accompagné ma famille à l’aéroport. C’est quelqu’un qui m’a conseillé de mettre ma tenue de général de notre Armée Nationale. Non, je n’allais pas le faire. Par contre, j’avais pris la décision de dire à mon peuple que j’ai servi toute ma vie, que le pays est en danger, que des groupes terroristes sont arrivés d’Europe et dont nous avons arrêtés quelques uns, que des cellules islamistes dormantes se sont réveillées, que nous avons été trahi par un pays arabe frère et par un pays occidental ami. Je voulais aussi annoncer la constitution d’un nouveau gouvernement d’unité nationale avec pour premier ministre Kamel Morjane, avec la participation du RCD, du MDS, du PDP, du Ettajdid, du Forum démocratique pour le travail et les libertés, de deux intellectuels indépendants et d’une personnalité islamiste de l’intérieur du pays. Il devait être un gouvernement d’une année pour préparer des élections législatives et présidentielles et exécuter mon programme de redressement en 21 points, dont j’ai parlé dans mon discours du 13 janvier. Je voulais annoncer enfin que je ne me portais pas candidat et qu’après ces élections, je me retirais définitivement de la vie politique.

     T.S.-  Comment jugez-vous la situation de la Tunisie deux ans après et que pensez-vous du gouvernement actuel ?

    Ben Ali- J’espérais que mes compatriotes retrouvent la paix civile et la fraternité et que les nouveaux dirigeants construisent sur ce qui a été déjà construit depuis l’indépendance. Ce n’est pas à moi de faire le bilan de mes 23 ans au pouvoir, mais aux historiens. Moi, je dis que ma politique n’était pas parfaite mais qu’elle a produit de très bon résultats socio-économiques, structurels, éducatifs et de développement intégral. Avec des ministres compétents et qui se sont dévoués pour leur Patri, avec des moyens énergétiques très modestes, nous avons relevé de grands défis. Lorsque je suis devenu président en 1987, les anciens savent que le pays était en faillite économique et en danger sécuritaire. Toutes les forces vives de la Nation ont participé au redressement du pays, y compris l’opposition, les syndicats et les élites patriotiques. Après mon départ, j’espérais que toutes ces forces vives se remettent au travail, renforcent ce qui a été réalisé et complètent ce que je n’ai pas fait. Mais malheureusement, certains ont choisi un autre chemin pour régler des comptes, pour se venger, pour profiter du pouvoir. Au lieu de plier leurs genoux et de répondre aux besoins des pauvres et des chômeurs, ils ont perdu leur temps et épuisé toutes les réserves financières que mon dernier gouvernement a laissé, les ont épuisé dans des initiatives démagogiques et inutiles. L’inflation, le chômage, la pauvreté et l’endettement extérieur ont quadruplé en deux ans. J’ai vraiment mal pour mon pays et pour mon peuple. J'espère de tout mon coeur que ce gouvernement va saisir la gravité de la situation, qu'il va remédier à ça et qu'il va réussir. 
              
    T.S.- Beaucoup de rumeurs circulent sur vous depuis que vous vous êtes installé en Arabie Saoudite. Comment vivez-vous cet exil ?

    Ben Ali- Même si ma Patri me manque beaucoup, je ne me sens pas exilé sur cette terre sainte et auprès de mes frères saoudiens qui représentent la fraternité et l'hospitalité arabes et la bonté des musulmans. Ceux qui connaissent l’histoire de leur pays savent que depuis la lutte pour l’indépendance, l’Arabie Saoudite a toujours été aux côtés de la Tunisie. Les rumeurs, il y en a tellement alors, à quoi bon répondre. Je n’ai jamais été dans la communication et dans la parlotte. Je vis normalement comme un père de famille et comme un grand père. Je passe mes journées entre mon ordinateur, la télévision, la lecture et la prière. Je remercie Dieu, je ne manque de rien, sauf ma Patri que j’ai servi et ce peuple que j’ai tant aimé et dont l’avenir m’inquiète. Je vis cet éloignement comme une épreuve de Dieu qui éprouve dans leur foi ceux qu’il aime.

    T.S.-  Regrettez-vous certaines choses par rapport aux 23 ans que vous avez passé à la tête de la Tunisie, comme par exemple les atteintes aux droits de l’homme ?

    Ben Ali- Tous les êtres humains peuvent commettre des erreurs. Gouverner, c’est choisir. J’ai fait des choix que j’assume entièrement. En 1987, j’ai choisi de continuer dans la voie du Zaïm Habib Bourguiba, en essayant de réconcilier tout le monde, les bourguibistes, les youssefistes, les islamistes, les communistes, les socialistes, les libéraux. Cette réconciliation s’est concrétisée par le Pacte national qui a rassemblé toutes les tendances autour d’un projet moderniste. Les atteintes aux droits de l’homme, il y en a eu par excès de zèle. Mais c’est deux fois rien par rapport à d’autres pays de la région, d’Afrique, d’Amérique Latine ou de l’Europe de l’Est. La responsabilité est partagée entre le gouvernement et les islamistes. Je n’ai pas réagi parce qu’ils ont essayé de me tuer à trois reprises, mais parce que la stabilité de l’Etat et la paix civile étaient menacées. En 1987, je les ai pourtant sauvés d’une condamnation à mort certaine. J’ai ouvert le dialogue avec eux malgré la réticence des partis de gauche et même de la société civile. Je voulais instaurer la concorde, la paix civile et la prospérité économique d’abord. Ensuite, progressivement ouvrir le jeu sur l’aile modérée et patriotique du mouvement islamiste. Qui a cherché la guerre ? Qui a cherché l’affrontement ? Bon passons. Ce que je regrette vraiment, c’est de n’avoir pas été jusqu’au bout de l’ouverture démocratique et de n’avoir pas fait plus par rapport à la liberté d’expression. J’ai fait confiance à certains de mes conseillers et je n’ai pas suffisamment écouté les vrais démocrates, y compris au sein du RCD. Je regrette aussi de n’avoir pas été suffisamment sévère par rapport à la corruption, même si ce phénomène a été gonflé et qu’il ne concerne pas uniquement la Tunisie, mais touche 90% des pays, y compris certaines démocraties occidentales. Je regrette enfin d’avoir accepté un cinquième mandat en 2009.

    T.S.- Quels sont vos souhaits personnels et qu’espérez-vous dire au peuple tunisien après deux ans de silence ?

    Ben Ali- Rentrer dans mon pays pour y finir ma vie auprès des miens et parmi mon peuple. Me recueillir sur les tombes de tous ceux qui sont morts durant les événements douloureux de 2011, sur les tombes de mes parents et de mes ancêtres et sur les mausolées de Sidi Abdelghani, de Sidi Mezri et d’Habib Bourguiba. Je pense aussi aux vivants et qui sont injustement détenus en prison depuis deux ans. Au peuple tunisien, je dirai une seule chose : veiller bien à la souveraineté de votre pays, conquise au prix du sang et des sacrifices de plusieurs générations. Que Dieu le tout Puissant protège la Tunisie.
    Tunisie-Secret.com

    Les deux questions auxquelles l’ancien président n’a pas souhaité répondre sont :

    1 Quelles étaient les rapports entre les Etats-Unis et la Tunisie les cinq dernières années de votre présidence, et est-ce que ce pays a joué un rôle dans les événements de décembre 2010, janvier 2011 ?
    2 Que pensez-vous du « printemps arabe » en Libye, en Egypte et en Syrie ?  
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